Éthiopie : les États-Unis accusés de relancer les rebelles

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Protestations anti américaines à Addis Abeba. ©DR

Par Donatien Kunda

Sud Télégramme le 22/06/2022 – À peine le nouvel émissaire américain a-t-il débarqué que déjà de nouvelles incursions rebelles se signalent dans le pays. Les autorités éthiopiennes y voient la main sournoise des États-Unis, Washington, à travers ces traditionnelles caisses de résonance, nie toute implication et attribue les tueries à l’armée locale.

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Le nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, n’a pas perdu de temps avant de relancer des conflits en Éthiopie, qui selon ces propos sous-entendus, est l’une de ces cibles principales dans la région.

Plus de 200 civils auraient été tués dans la zone déchirée par la guerre de l’ouest de Wollega, dans l’État régional d’Oromia, dans ce que la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) a déclaré être lié à des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et l’Armée de libération d’Oromo (OLA).

La tuerie du samedi 18 juin à Tole Kebele, Gimbi Woreda de la zone ouest de Wollega est la plus meurtrière de ces derniers mois. Abdul-Seid Tahir, un habitant de la région qui a échappé aux violences, a déclaré à l’Associated Press qu’il avait « compté 230 corps. Je crains que ce ne soit l’attaque la plus meurtrière contre des civils que nous ayons vue de notre vivant.

“Nous les enterrons dans des fosses communes et nous continuons à collecter des corps. Des unités de l’armée fédérale sont maintenant arrivées, mais nous craignons que les attaques ne se poursuivent si elles partent”, a déclaré Abdul-Seid.

L’EHRC a déclaré dimanche que les meurtres avaient eu lieu à la suite “d’affrontements entre les forces gouvernementales et les militants de l’Armée de libération d’Oromo” et a déclaré que “l’attaque du groupe armé” contre des civils avait “résulté en de graves pertes civiles, des blessures et des dommages matériels. Les résidents appellent toujours à une assistance immédiate en raison de problèmes de sécurité dans la région.

Dans un communiqué publié samedi, le gouvernement de l’État régional d’Oromia a blâmé les rebelles et a promis que ‘les forces de sécurité fédérales et régionales continueront de sévir’ contre le groupe armé, qui a été désigné comme groupe terroriste par le Parlement éthiopien.

Cependant, Odaa Tarbii, porte-parole international d’OLA, a déclaré sur une page Twitter vérifiée que ‘les meurtres et la destruction de biens qui se sont produits à Tole, dans le district de Gimbi, ont été commis par la milice  »Gaachana Sirna ‘créée par l’État d’Oromia lui-même ».

Une enquête de plusieurs mois par Addis Standard publiée en février de cette année a révélé le sort de centaines de membres civils de la communauté Amhara de diverses parties de la zone de Wollega qui ont fui des attaques soutenues et ont cherché refuge à Addis Abeba ; le rapport a également révélé que des centaines d’autres ont été obligés de déménager dans la zone d’Arsi, dans l’État régional d’Oromia.

Dans les médias mainstream, cette tuerie est attribuée à l’armée éthiopienne tout comme avec le Mali et les 200 terroristes tués par l’armée malienne, les médias mainstream n’ont pas arrêté d’accuser les FAMA d’avoir tué des civils et non des terroristes. La donne est différente, mais le principe reste le même, remettre en cause les avancées de l’armée éthiopienne contre les rebelles.

RFI par exemple, annonce : «depuis samedi 18 juin, une vidéo montrant des soldats de l’armée nationale et des forces amharas tirer sur des jeunes hommes de la communauté oromo choque sur les réseaux sociaux éthiopiens».

« La vidéo montre le meurtre extrajudiciaire par les forces du gouvernement d’une trentaine de personnes que les forces du gouvernement disent être des membres de l’Armée de libération oromo. La commission, donc, réitère les recommandations et l’appel à une enquête plus approfondie sur cet incident, mais aussi des autres violations des droits de l’homme et du droit humanitaire ».

Dans un communiqué, certaines ONG disent avoir « été informées (…) que des habitants (de Gambella) étaient victimes de diverses violations des droits humains de la part des forces régionales de sécurité, dont des exécutions sommaires ».

Pourtant, sur la toile, la Communauté occidentale garde le silence contrairement à d’autres États comme la République islamique d’Iran.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran a condamné l’attaque par des groupes d’insurgés armés contre la région d’Oromia en Éthiopie et a exprimé ses condoléances au gouvernement, au peuple et aux survivants.

Selon le groupe de politique étrangère de l’agence de presse Fars, Saeed Khatibzadeh, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Iran, a exprimé sa profonde tristesse et sa sympathie pour le meurtre d’un certain nombre d’Éthiopiens lors d’une attaque par des rebelles armés dans la région d’Ourmia et a fermement condamné l’attaque.

Au moins 260 personnes ont été tuées et des centaines blessées lors d’une attaque par des hommes armés dans la région d’Ourmia, dans l’ouest de l’Éthiopie. Ce massacre marque l’un des jours les plus sanglants en Éthiopie. Les habitants qui ont survécu au massacre ont rapporté que les assaillants avaient massacré des personnes et enterré leurs corps dans des fosses communes.

L’arrivée du nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique marque déjà son entrée dans la région.

L’une des cibles principales du nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, c’était bien l’Éthiopie et l’Érythrée. Et il n’a pas perdu de temps, il débarque et de nouvelles tueries s’organisent en Éthiopie et sont par la même occasion attribuées aux forces armées éthiopiennes.

Addis Abeba continue de tenir tête aux puissances coloniales comme les États-Unis et le peuple éthiopien reste uni et fidèle au pouvoir en place et à l’armée éthiopienne, ce qui veut dire que ces scénarios ne fonctionnent pas. L’ancien émissaire américain, David Satterfield en avait fait les frais et n’a d’ailleurs pas fait long feu.

La Rédaction

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